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Je m’appelle «....» et je suis dépendante affective


Ah! La dépendance affective. Les gens croient à tort qu’une personne qui dépend de l’affection des autres est automatiquement toxique, jalouse, possessive. Ce n’est pas toujours le cas. On oublie les autres aspects de cette dépendance qui ruine bon nombre de relations, personnelles ou amicales. On ne parle jamais de l’anxiété qui en découle.


Être dépendant affectif, c’est avoir constamment le besoin d’être rassuré sur tout. As-tu aimé le repas que je t’ai préparé ? Est-ce que j’ai trop parlé ? Pourquoi la personne est connectée sur Messenger, mais qu’elle ne me répond pas ? C’est avoir de la difficulté à dormir seul.e. C’est trouver le temps long sans personne près de nous pour partager nos idées, avoir une conversation. C’est toujours avoir le besoin d’être entouré, compris.


Je n’ai jamais été une personne vraiment jalouse, mais je suis dépendante affective. Je trouvais poche le moment où mon compagnon de vie partait sans moi à une activité ou voir des amis. La soirée s’annonçait longue et je me mettais à regarder mon cellulaire aux deux minutes pour savoir s’il se connecterait, m’écrirait. J’attendais son retour pour discuter de la journée, pour connaître tous les détails de la soirée. C’est aussi ça, être dépendant affectif : avoir besoin de tout savoir, tout le temps. Ça rassure…


Être dépendant affectif, c’est aussi manquer de confiance en soi. C’est avoir besoin du regard des autres pour évoluer, s’apprécier. Je ne me suis jamais trouvée belle, j’avais besoin qu’on me le dise et même encore, j’avais de la misère à le croire. J’avais besoin qu’on me complimente pour avancer dans des projets. Mais j’ai aussi besoin de critiques constructives pour savoir ce qui est nécessaire à mon cheminement. En gros : j’ai besoin des autres pour vivre. Je manque de confiance en moi au point où mon identité s’efface au profil des autres. Je suis toujours en train de me chercher, à savoir qui je suis, parce que j’ai toujours été la fille de… la sœur de… la blonde de…

Il m’est arrivé d’être entièrement indépendante du regard des autres, de vivre pour moi, mais… chaque fois, je finis par retomber dans le pattern de la dépendance. Je finis par ne plus croire en mes projets, je dois les partager avec les autres pour me motiver. Je montre toujours mes changements corporels pour avoir l’approbation des gens qui m’entourent, sinon j’ai l’impression que ça ne sert à rien.


Être dépendant affectif, c’est arrêter de vivre pour soi. Et cette réalisation fait peur, elle fait mal. Pas juste pour la personne dépendante, mais aussi pour les autres qui doivent vivre continuellement avec ce comportement. C’est se sentir coupable de vivre sans l’autre, avoir peur de partir au risque de voir l’autre dépérir, se sentir étouffé à constamment devoir rassurer, raconter, donner des comptes.


Ce qui tue la majorité des couples quand un des deux est dépendant affectif, ce n’est pas nécessairement la jalousie et la possessivité, c’est aussi l’épuisement psychologique de faire face à cette anxiété permanente, sans qu’on puisse y faire grand-chose. C’est voir la confiance de la personne qu’on aime s’essouffler, disparaître un peu plus chaque jour, parce qu’elle n’arrive pas à vivre sans les autres. Comme un dépendant à la drogue, une personne dépendante affective a besoin de son «fix» d’affection, de valorisation, pour faire face à sa journée.


Je m’appelle Jessica et je suis dépendante affective. J’ai détruit plusieurs relations de couple. J’ai anéanti des amitiés. Parce que j’avais besoin de leur présence plus qu’ils avaient besoin de la mienne. Parce que j’aimais trop. Parce que j’aimais incorrectement.


Si tu te reconnais, sache qu’il existe des ressources et je t’invite à les consulter, car vivre pour les autres, ce n’est pas vivre.



- Jessica Di Salvio

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