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Faire le deuil d’une personne vivante

Comme tout le monde à un moment de notre vie, j’ai vécu plusieurs ruptures. Parfois, elles étaient méritées, le couple battait de l’aile, la communication était inexistante, les problèmes s’accumulaient. D’autres fois, l’absence de réponse n’aidait pas à comprendre la décision. Un manque d’amour ? Trop d’amour peut-être ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? N’étais-je pas assez ? Les questions se multiplient en même temps que les larmes sur les joues.

Quand une personne décède, on n’a pas le choix de faire face à son départ. On sait qu’on ne la reverra pas, c’est terminé. Quand on se sépare d’une personne avec qui on partage le quotidien depuis plusieurs mois, voire des années, c’est faire le deuil des rêves, des projets, de la vie à deux, de tout ce qui accompagnait la vie de tous les jours. C’est penser avec peine et douleur que la personne que tu aimes continue sa vie, aimera à nouveau, embrassera quelqu'un d'autre, lui fera l’amour, pendant que toi, tu souffres et tu te questionnes… pourquoi ?


Pendant longtemps, je me suis demandé si c’était pire de traverser le deuil d’une personne décédée ou bien vivante, surtout en relation amoureuse. Sans avoir vécu les deux situations, je crois que les deux sont toutes aussi difficiles l’une que l’autre : la majorité du temps, il n’y a aucune réponse aux questions. Malheureusement, quand la personne nous quitte vers l’au-delà, il n’y a plus aucune possibilité de savoir, tout disparaît en même temps que son âme. Pourtant, la douleur est la même. Perdre un proche par la mort, perdre un compagnon de vie. La peur, l’anxiété, la peine, les pensées intrusives qui s’accumulent. On se sent vide, égaré, l’avenir est un brouillard. On se demande ce qui va advenir, maintenant. C’est terrifiant, l’inconnu. L’espoir s’accroche, même s’il faut lâcher prise.


J’ai appris avec mes relations que la personne la plus importante, c’est soi-même. Lorsqu’on a des croyances ou qu’on traverse un deuil, peu importe sa forme, tout part de l’intérieur de nous. C’est à nous et nous seuls de passer les étapes, d’accepter le processus, d’aller de l’avant. Personne ne peut le faire à notre place. Ça n’empêche pas les émotions négatives et cette brulure à la poitrine. Surtout quand quelqu’un te dit « c’est juste une peine d’amour, ça va passer ». Parfois, c’est plus que ça. C’est perdre un compagnon, un partenaire, un ami, des rêves, un chemin tracé. C’est recommencer à zéro et devoir se retrouver. C’est une épreuve difficile qui ne peut pas être chassée d’un revers de la main.

Donc si tu vis une rupture et que tu te trouves intense de pleurer pendant des semaines, d’avoir mal, de te créer des scénarios dans ta tête, tu n’es pas seul.e. Oh non ! Au contraire, je crois que c’est normal. Oui, c’est normal de craindre l’inconnu, le changement, de regretter ce qui n’a pas été changé à temps, réparer au bon moment. C’est normal de pleurer et de se demander pourquoi. C’est normal d’avoir mal à l’idée de ne plus entendre sa voix, voir son visage, sentir sa peau. Comme lorsqu’une personne décède, on fait son deuil, une journée à la fois, une étape à la fois.

Peut-être que ça te prendra deux mois, peut-être ce sera deux ans, mais laisse-toi le temps de travailler sur toi, de vivre tes émotions. Le reste viendra.


- Jessica Di Salvio

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