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Le cercle vicieux de l'arrêt maladie

Depuis le décès de ma mère, le 28 avril 2023, je suis considérée en arrêt maladie, c'est-à-dire que je suis inapte à travailler dû à mon instabilité psychologique. Il m’arrive quelques fois d’avoir envie de travailler, de sortir de chez moi et de me mettre au travail, alors que d’autres moments, la seule préoccupation de ma journée, c'est de rester en petite boule dans mon lit et dormir.


C’est l’impact de la dépression. Il y a des jours avec et des jours sans. Lorsqu’on m’a mise en arrêt, ça m’a donné le temps de réfléchir sur moi-même, travailler sur certains comportements que j’avais à changer, prendre du temps pour vivre mon deuil et mes émotions. Les médecins déconseillent un arrêt maladie prolongé pour plusieurs raisons et le premier, c’est le cercle vicieux. Vient un moment dans ton arrêt (s’il dure plus de six mois) où tu es prisonnier de ton inaptitude. Je la vis en ce moment même et laissez-moi vous dire que ce n’est pas plaisant. Voici en quoi cela consiste pour que vous puissiez visualiser le cercle : 


1– Je vis de la fatigue émotionnelle, je suis déprimée, je n’arrive pas à me lever. Je reste chez moi et je ne fais rien.


2– Je me sens coupable de ne rien faire, alors que le monde bouge et avance dans leur vie.


3– Je vis de l’ennui, j’ai besoin de sortir, j’ai besoin de voir des gens, j’ai envie de travailler sur un projet ou avec une équipe.


4– Je suis fatiguée juste à penser à m’organiser une routine de travail. Ouvrir mon ordinateur me prend de l’énergie que je n’ai pas toujours. 


5– Je me sens seule à tourner en rond dans mon appartement. Je dois faire quelque chose!


6– Je crois que je suis prête à retourner travailler!


7– Je n’ai pas envie de sortir de chez moi.


Et ainsi de suite. Une journée, la fatigue nous cloue au lit, l’autre, l’ennui nous rend fou au point de vouloir sortir et l’autre, on est motivé à aller travailler et foncer dans la vie. Le problème, c’est que ces journées ne sont pas balancées. Elles viennent quand elles en ont envie et pas quand on en a besoin. Ainsi, en retournant au travail, si je tombe dans une (ou plusieurs) journées d’état dépressif, mon travail va en pâtir. Mes collègues, mes clients. Là, revient la culpabilité. On se dit qu’on est mieux de rester en arrêt de travail le temps que ça se calme… mais l’ennui nous rappelle qu’on est plus capable de tourner en rond !


Bien sûr, il existe des organismes où on peut faire du bénévolat, c’est une option, mais c’est encore une fois quelque chose qui nécessite d’être assidu, car des gens comptent sur ta présence si tu leur as dit que tu serais là. Si tu es dans une phase dépressive, tu ne pourras pas aider comme tu l’avais indiqué. Retour à la culpabilité.


Ce cercle vicieux est dommageable, parce que plus tu restes longtemps en arrêt maladie, plus ce cercle devient intense, prenant et impacte l’état psychologique et l’instabilité mentale (anxiété, dépression, etc). Alors… quoi faire ? Sortir, travailler, prendre une chance ? Faire du bénévolat ? Commencer un projet ? Laisser le temps aller en espérant que ça se passe un jour ?


Je n’ai honnêtement pas la réponse. Je ne suis ni médecin ni psychologue. Je te partage ce que je ressens dans mon quotidien en me disant que peut-être toi aussi, tu es prisonnier de ce cercle vicieux. 


Le plus difficile de ce contexte, c’est l’ennui et la culpabilité. C’est s’autoflageller mentalement d’être «paresseux», «inapte», «incapable». C’est de laisser son cerveau se mettre à trop penser. C’est de voir le monde autour de toi bouger, alors que tu fais du sur place. C’est d’être seul.e dans ton univers et ne pas savoir quoi faire pour changer ça, car tu n’en as pas l’énergie.


Alors, je te conseille de t’écouter et de tenir un journal. Écris ce que tu vis, note tes émotions, les journées où tu t'ennuies, culpabilise, où tu es motivé, concentré, déprimé, fatigué. Cela te permettra de faire un schéma de ton quotidien pour te permettre de sortir de ton cercle vicieux au moment opportun. Prends simplement le temps de te comprendre et de t’écouter.


Jessica


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