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Est-ce que je deviens mon diagnostic ou l'ai-je toujours été ?


BANG. Choc monumental. « On nous a dit que tu avais un trouble de personnalité narcissique ». Quoi ? Comment ? Je ne comprends pas, pouvez-vous répéter ? J’ai côtoyé des gens narcissiques dans ma vie et je vous assure que c’est drainant, c’est horrible et ils ont tendance à remettre en doute tout ce que tu es. Suis-je vraiment ce genre de personne ? J’ai toujours assumé avoir des traits narcissiques, mais de là à en avoir un trouble, jamais je n’aurais cru ça possible. Est-ce un faux diagnostic ? Peut-être, je ne le sais pas, je ne suis pas psychiatre. Pourtant, quand je me regarde dans le miroir, je ne vois pas une personne narcissique. Les gens qui me côtoient disent que je ne le suis pas. Égocentrique, ça oui, je l’avoue, il m’arrive souvent de penser à moi avant les autres. Mais, narcissique… ?


Néanmoins, depuis la nouvelle, chaque geste, chaque pensée me fait remettre en question. Est-ce que j’agis en narcissique ? Est-ce que ça – geste – fait partie du narcissisme ? Est-ce que ça l’a toujours été en moi ou je suis en train de paniquer sur le fait qu’on m’a dit ce que j’étais ?


Alors, j’aimerais prendre un moment, ici, où la santé mentale est un safe space, pour me rassurer ou bien pour me comprendre, voir les choses autrement, sans tabou, en totale honnêteté.


Selon le Manuel Merck, « le trouble de la personnalité narcissique est caractérisé par un sentiment constant de supériorité (mégalomanie), un besoin d’être admiré et un manque d’empathie. » Ils disent aussi que : « Les personnes atteintes du trouble de la personnalité narcissique ont une vision exagérée de leur valeur (mégalomanie). Elles ont aussi des problèmes de confiance en elles. Pour renforcer leur sentiment de supériorité et de confiance en elles, elles font ce qui suit :

Fréquenter des personnes spéciales. Devenir membres d’institutions importantes. Dénigrer les autres. Elles veulent aussi être complimentées. »


Dans cette description, je ne me reconnais pas. Est-ce que j’ai déjà dénigré des gens ? Oui, je l’admets. Mais le reste, pas du tout. Au contraire, je suis le genre de personne qui veut être invisible pour tous, sauf ceux qui sont importants dans ma vie.


Radio-Canada a posté en 2017 une liste de neuf façons de reconnaître les traits d’un trouble de personnalité narcissique. Décortiquons-les.


1- La personne surestime ses réalisations et s'attend à être reconnue comme supérieure, sans pour autant avoir accompli quoi que ce soit qui justifierait une telle reconnaissance. Elle met aussi constamment de l’avant certains succès ou certaines forces sans nuance et en amplifiant ces accomplissements;


Je suis le genre de personne qui refuse d’être prise pour inférieure, mais plutôt comme une égale, ce qui m’a causé des conflits durant mes études. Je n’ai jamais mis le fait que j’ai écrit des romans de l’avant pour avoir l’air importante ni pour amplifier mes accomplissements. Par exemple, je sais qu’en bonne séance d’écriture, je peux écrire 2000 mots à l’heure. C’est quelque chose que j’ai prouvé à multiples reprises. Non pas pour être perçue comme supérieure, mais simplement parce que c’était un accomplissement qui me rendait fière, moi.


2- La personne est absorbée par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou d'amour idéal. Très souvent insatisfaite de sa vie de tous les jours, elle a un idéal de vie complètement irréaliste;


Absolument pas moi. Je suis insatisfaite de ma vie, car je n’y trouve pas ma place. Bien sûr, j’aimerais écrire un bestseller un jour, mais ce n’est pas mon but ultime. Demandez à ma famille, mes amis et mon ex-conjoint, mon rêve était d’être femme au foyer à m’occuper de la maison tout en écrivant des romans. On est loin du pouvoir et de la splendeur.


3- La personne pense être spéciale et unique, et croit ne pouvoir être comprise que par des institutions ou des gens spéciaux. Elle n’acceptera pas d’échanger avec des personnes qu’elle qualifie d’inférieures;


Je ne suis pas spéciale ni unique. Je suis une fille normale et je le répète souvent. Savez-vous ce que j’ai déjà dit en salon du livre à une adolescente gênée qui n’osait pas venir me parler ? Que c’était la première journée en quatre jours que je n’étais pas en pyjama. Il n’y a personne d’inférieur dans la vie, même si certains ont des propos stupides et posent des questions stupides (nous en avons tous vu, merci, Facebook), cela ne m’a jamais empêché de leur parler.


4- La personne a un besoin excessif d'être admirée. Il s’agit d’un moteur important dans sa vie professionnelle ou personnelle;


Oui et non. J’ai besoin d’être valorisée par les autres et oui, d’être admirée. J’ai besoin qu’on me dise que je fais du bon travail. Mais j’accepte la critique, je prends ce dont j’ai besoin pour m’améliorer et je laisse le reste de côté.

5- La personne pense que tout lui est dû. Elle s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits;


Ce n’est absolument pas moi. Je suis le genre de personne qui ne veut pas déranger, qui est prête à attendre des heures pour éviter de déranger qui que ce soit. En exemple concret, lors du lancement de livre de Marie Gray il y a quelques années, j’ai attendu 1h que tout le monde passe dans la file d’attente pour la dédicace avec des talons hauts qui m’ont arraché la peau des pieds, juste pour être certaine que les gens qui lui sont proches puissent la voir avant moi.

6- La personne exploite l'autre dans ses relations interpersonnelles. Elle utilise autrui pour parvenir à ses propres fins;


Jamais. Tout simplement jamais.


7- La personne manque d’empathie. Elle n'est pas disposée à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d'autrui. Elle est incapable de concevoir ce que l’autre ressent dans cette situation;


Encore là, oui et non. J’ai de l’empathie pour certaines situations et d’autres où je n’arrive pas à en avoir. Quand mon anxiété est au top de sa limite, que mes émotions me contrôlent plus que moi je peux les contrôler, il m’arrive de me foutre des problèmes des autres, car j’en ai assez à gérer dans ma propre tête. Mais mon entourage le dira, je suis quelqu’un qui écoute beaucoup et qui partage ses propres expériences pour aider dans des situations que je peux comprendre.


8- La personne envie souvent les autres et croit que les autres l'envient;


J’envie énormément les autres, car je trouve ma vie d’un ennui épouvantable. Mais je ne crois pas que les autres m’envient, parce qu’ils seraient déçus de passer une journée dans mes chaussures. Je ne souhaite ça à personne.


9- La personne fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants et hautains. Elle méprise l’autre et manifeste un sentiment de dominance.


Ça, c’est vrai la plupart du temps. J’ai un comportement très passif-agressif et si je n’apprécie pas la personne, j’agis différemment. Je n’aime pas me sentir vulnérable ou qu’on me traite comme inférieure pour X ou Y raison. Je suis une citoyenne comme n’importe qui d’autre. Je suis égale à tout le monde.

En lisant les traits et en lisant mes réponses, je ne me reconnais pas dans le trouble de personnalité narcissique. Pourtant, une psychiatre a collé cette étiquette sur mon front et maintenant, je doute de qui je suis et de tout ce que je fais.


Ce que j’apprends, en écrivant ce texte, c’est qu’un diagnostic ne nous définit pas et n’est pas tout ce que nous sommes. Peut-être suis-je narcissique parfois. Mais je ne crois pas avoir un trouble de personnalité narcissique. J’apprends, j’évolue, j’écoute, j’essaie de grandir de mes expériences. Mon côté égocentrique me pousse souvent à rejeter les conseils des autres pour trouver ma propre solution, mais c’est que je crois qu’il est nécessaire de faire son bout de chemin seul pour mieux savoir qui on est.


Ainsi, si tu es le genre de personne qui croit que son diagnostic devient son entière personnalité, voici un texte qui te prouve le contraire. Mes exemples précis n'ont probablement pas été vécus par toi, mais tu as peut-être vécu quelque chose de similaire. Un diagnostic ne reste qu'un titre sur du papier. Tu sais plus que quiconque qui tu es.




Jessica


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