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Du déni a l'acceptation

Jeune adulte, je commençais mon vrai travail. Celui où on se dit qu'on va le faire toute sa vie. Les études furent une source de stress, mais j’avais obtenu une mention pour mon attitude positive en plus de mes bonnes notes. J’avais beaucoup de raisons de sourire, mais en dedans, ça n’allait pas tant que ça.


«Ça va passer voyons!»


Le temps passait, mais ça n’allait pas mieux. Des sautes d’humeur, une hypervigilance, des sentiments d’insécurité, Plus le temps passait, plus je me sentais comme dans des montagnes russes. Je ne voulais pas aller consulter, jusqu’à ce que la goutte de trop fasse déborder le vase. On attend toujours un choc pour agir.


Quelques jours plus tard, me voilà dans la salle d’attente de mon médecin. Sans savoir pourquoi, le trajet m’avait vraiment rendue nerveuse. Je me trouvais ridicule de prendre la place de quelqu’un qui en aurait beaucoup plus besoin que moi. Mais toujours est-il que mon tour arrive. Me voilà dans le bureau du médecin. Je commence à trembler et mon cœur palpite. On discute. On me parle d’anxiété…mais je préfère l’option du syndrome prémenstruel. Je n’ai pas trop envie de prendre une pilule pour apaiser l'anxiété. J’ai fini par entamer le traitement. Les semaines passent, ça va mieux, alors je décide de cesser de prendre cette petite capsule quotidienne. Je suis forte, tout va bien. Ouf…ce fut bref. On recommence, mais plus longtemps cette fois. Après tout, c’est juste une pilule !


Pendant quelques années, j’ai fait plusieurs tentatives pour ne plus me sentir dépendante d’un médicament. Jusqu’au jour où une autre goutte de trop tombe dans mon vase. Je retourne voir mon médecin ; Trouble d’anxiété généralisé. J’ai consulté en santé psychologique, mais mon quotidien demeurait invivable. Malgré mes efforts pour calmer les crises, j'ai l'impression de toujours ramer à contre-courant.


Puis, un jour, j'ai fait une crise d’anxiété si forte que les médecins m’ont branchée de partout en me disant que mon cœur n’allait pas bien. Mais mon cœur allait très bien. J’ai mis du temps à accepter le diagnostic. Je l’ai longtemps caché en disant que la pilule que je prends était juste pour contrôler le syndrome prémenstruel. Ce ne serait pas bien vu d'avoir une étiquette d’anxiété dans le front. Que penseraient les autres? Je ne pouvais pas toujours cacher la prise de mon médicament. Je devais toutefois avouer que je me sentais tellement mieux depuis que nous avions trouvé la bonne dose.


C’est là que mon processus d’acceptation a débuté. Je voyais le tout comme un échec au début, mais j’ai finalement décidé que l’anxiété n’allait pas me définir. Maintenant, quand je commence à me sentir moins bien, je reconnais mes signaux d’alarme. C’est alors que je me retire et je me questionne sur la situation que je suis en train de vivre. Je prends le temps de me connecter au moment présent et de mettre un ou des mots sur les émotions ressenties. J’ai longtemps traîné dans ma sacoche un petit carnet d'émotions. Je les notais toutes, qu'elles soient positives ou négatives. Au fil du temps, j’ai pris conscience de celles-ci à la relecture. Aujourd’hui, je ne laisse plus l’anxiété me définir. J’accepte de prendre cette pilule, et je la remercie de pouvoir me donner le petit coup de pouce dont j’ai besoin pour rendre mon quotidien plus heureux.



Mérédith.



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