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La résilience : Un poids qui peut briser

On ne voit pas le poids de la résilience. On entend seulement son son quand elle brise.


Dès ma tendre enfance, la vie m'a mis plusieurs épreuves à traverser. Avec le temps, j'ai appris à ne plus réagir, à camoufler. Cependant, dans ma tête, les tempêtes, elles, n'ont fait qu'empirer. J'ai développé de l'anxiété chronique. Je me suis mise à anticiper tous les scénarios catastrophiques possibles. Je ressentais une paranoïa incessante dans mes tripes dès que quelque chose sortait de l'ordinaire. J'étais une petite branche d'arbre prête à craquer à tout moment. Seulement, je ne laissais rien paraître. Pas un son ne sortait de moi. Selon les autres, j'étais le modèle même de la résilience.


«Ça va passer, France. Le beau temps arrive...»


Je me suis dit cette phrase durant tant d'années. Une décennie complète à attendre que le soleil se pointe le bout du nez. Et chaque année, je me répétais que ce serait mon année. J'ai patienté si longtemps le dos bien droit que le bonheur soit au rendez-vous. Pourtant, il y était en partie. J'avais (j'ai toujours) de beaux enfants et un travail passionnant. Mais tellement de pépins sont venus jeter une parcelle d'ombre sur mon petit paradis.


Le comble du malheur est arrivé il y a de cela quelques années. L'année que je qualifie de «annus horribilis».



4 jours.


Ma vie a changé du tout au tout en 4 jours. J'ai perdu deux personnes qui m'étaient très chères. Une est décédée, l'autre a entamé un grand changement essentiel, mais qui nous séparera peu de temps après. À travers ce processus, j'allais me perdre un peu moi aussi.


J'ai passé les années qui ont suivi à vaciller entre dépression, anxiété et psychoses. Je me sentais si fragile. Et malgré tout, j'ai résisté de toutes mes forces.


Jusqu'au jour où je n'ai plus su résister. Jusqu'au jour où j'ai senti la petite branche craquer. Ça en était trop. Je suis une femme à part entière, en plus d'être une maman. Si je veux bien prendre soin de mes enfants, je dois apprendre à prendre soin de moi-même avant tout. J'ai donc fait le choix de me choisir, d'accepter d'être moins «forte» aux yeux des autres, mais d'être ô combien moi-même!


J'avais très peur, mais je n'avais plus le choix. Et finalement, c'est un petit miracle qui s'est produit. Depuis, je contrôle vraiment mieux mon anxiété. Je n'ai plus de tremblements. Je ressens encore ce sentiment dépressif les jours plus gris et il m'arrive toujours d'avoir le cœur à l'eau, mais jamais aussi souvent qu'avant, ni aussi intensément. Maintenant, je reconnais mes «symptômes» et j'arrive à prendre soin de moi avant de frapper mon mur.


Je réalise que ma branche n'a jamais cassé. Je crois en fait qu'elle s'est solidifiée avec tout ça. Je la sens plus résistante, avec de meilleures capacités d'adaptation.


J'accepte désormais de demander de l'aide. Je me suis construit un village de ressources fantastiques et douces avec moi. Je peux maintenant prendre soin de mes enfants et moi-même dans la bienveillance. Je ne cours plus après mon souffle. Je ne me sens plus entourée de désespoir. Je peux me reconstruire tranquillement une santé mentale et physique.


Je suis enfin cette femme résiliente qu'on percevait.



À plus!


France P.

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