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Dysphorie du rejet : je ne suis pas une drama queen.

"Est-ce que j'en ai trop dit? C'était trop personnel peut-être..."

Il y avait tellement un gros malaise dans l'air. Je ne serai pas invité la prochaine fois.


"Oh, j'ai l'impression de m'être accaparé toute la discussion..."

Je voulais juste démontrer que je comprenais sa situation, car j'en avais vécu une similaire.


"Ce sujet est vraiment venu me chercher. Peut-être que j'ai été blessante?"

Je n'ai pas été capable de retenir les mots avant qu'ils ne sortent de ma bouche. Je gâche toujours tout.


"Iel a vu mon message il y a 6 heures, mais je n'ai toujours pas de réponse. Je dois être fatigante."

Pourquoi je mettrais de l'énergie sur quelqu'un qui se fout de moi dans le fond? Ça ne sert à rien.


Ça. N'arrête. Jamais.


Ce sont le genre de phrases qui me passent par la tête souvent. En fait, dès que je suis confrontée à une situation sociale. Peu importe que ce soit de nouvelles personnes ou non, que nous soyons en virtuel ou en présentiel. Une subtilité dans l'air peut m'amener à penser que j'ai dépassé une limite. Que je suis too much et qu'on ne veut pas de moi.


Dysphorie du rejet ou rejection sensitivity dysphoria en anglais. Oui, cela a un nom et très souvent, ça peut toucher les personnes qui vivent avec un TDAH.


Non, ce n'est pas de la susceptibilité. Non, ce n'est pas de l'exagération. Non, je ne suis pas une Drama Queen.


Étant enfant, on me disait que je pleurais pour rien lorsqu'on ne voulait pas jouer avec moi, que je me fâchais sans raison valable lorsqu'on me disait que mes idées étaient "poches", que c'étaient des crises de bacon pis que je devais maturer un peu.


Maintenant, à l'âge adulte, on me dit que mes réactions à des situations de rejet sont puériles et exagérées. On me dit que je suis une adulte et que je dois me gérer et arrêter de laisser tout m'atteindre aussi facilement.


Mais ça va beaucoup plus loin que ça.


J'ai honte lorsqu'on parle d'un sujet que j'apprécie particulièrement et que je m'emporte dans ma passion. Je me sens stupide lorsque je ne connais pas un groupe de musique car, dans ma tête, j'ai manqué l'opportunité de faire partie de la gang.


Je ne suis jamais moi-même à 100% avec qui que ce soit de peur qu'on déteste qui je suis vraiment. J'apprends beaucoup de choses sur beaucoup trop de sujets pour être sûre de ne pas être mise de côté lors des rassemblements. Je refuse souvent de faire de nouvelles activités à moins de savoir le faire parfaitement, pour ne pas m'humilier.


Et qu'est-ce qui arrive si je me sens rejetée malgré tous mes efforts? Mes nuits d'insomnie à étudier xyz sujet? Mes heures supplémentaires pour rendre un performance impeccable?


Je pleure. Je frappe mon oreiller. Je m'isole. Je me tire les cheveux. Je fais de la rage au volant. Je laisse ma colère parler. Mes muscles se tendent. Mon corps a des spasmes. Je hurle de douleur.


Car oui, ça en est à un point où j'en ai mal physiquement. Parfois, cette douleur me dit que si je n'étais pas là, ça ne changerait rien.


Et ce, même si je le sais que ce n'est pas la réalité. Dans ma tête, ça sonne tellement vrai.


Donc la prochaine fois que tu rencontres une personne qui vit avec une dysphorie du rejet, envoie lui de la douceur. Sois sensible à sa façon de voir la vie.


Car cette personne est déjà tellement dure avec elle-même, iel n'a pas besoin de savoir ce que tu penses de ses réactions.


-Loud.

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