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Antidépresseur : Je me sens vide!

Ne plus rien ressentir est très paradoxal, puisque je sens que je ne sens rien.


C'est, selon ma psychologue et mon médecin, un effet secondaire à long terme de la prise de mon anti-dépresseur. Et il me semble qu'on n'en parle pas beaucoup de cet effet. À moins que je sois un cas isolé?

J'avoue, quand j'ai commencé à le prendre, il y a maintenant 9 ans, mes symptômes physiques et psychologiques de mon anxiété étaient tellement élevés que de ne plus les ressentir, c'est ce que je souhaitais. Et pendant plusieurs années, ceci a bien fonctionné. Je ne ressentais plus mes symptômes d'anxiété, mais j'arrivais à ressentir le reste : la peine, la joie, l'extase, l'enthousiasme, l'amour, la plénitude, la colère, et tout le reste.

Jusqu'à il y a environ 3 ans, quand j'ai fait ma dépression. Une dépression ou était-ce plutôt justement ça, un vide infini de rien? Je ne ressentais plus rien.

Partis la joie, la colère, la peine, l'amour...



Pour un être-humain, ne plus ressentir d'émotions c'est vraiment paniquant, parce que c'est ce qui nous « drive » au quotidien. C'est ce qui nous pousse à aller vers un chemin ou un autre. C'est ce qui nous aide à prendre des décisions. À savoir ce qu'on veut et ce qu'on ne veut pas en fonction de notre ressenti.

Mais quand on ne ressent plus rien, on se fie à quoi pour prendre des décisions?

Même après des discussions avec des amies qui tentaient de m'épauler et qui me disaient : Essaie d'écouter ton cœur, de suivre ton intuition.

Et moi de leur répondre : Cette petite voix, je ne l'ai plus.


Les médicaments m'ont aidée au niveau de mes symptômes physiques, ils m'ont aidée à réguler mon humeur. Tellement régulé que mon humeur générale est : neutre.

Et je vais vous dire, vivre une vie sur le neutre, c'est plate en maudit!

Parce qu'on voit les autres autour de nous évoluer, cheminer, grandir, faire des choix, et on a l'impression que pour nous, ce n'est pas accessible. Pas parce qu'on ne veut pas, mais parce qu'on n'a plus ces indications internes, cette boussole qui nous indique le chemin à prendre.


Toutefois, il m'arrive d'avoir des petits excès de bonheur, comme lorsque je regarde mes enfants grandir, accomplir de nouvelles choses ou lorsque j'écoute de la musique qui me fait du bien.

Et même si ces moments sont momentanés et très courts, ils sont hyper précieux, car ils me rappellent qu'à travers tout ce vide, je suis tout de même encore en vie.


Charlotte

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