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Accepter ses forces, pas juste ses faiblesses

Ma travailleuse sociale m’a donné une feuille avec les déclencheurs de mon anxiété, leurs impacts, ainsi que mes objectifs pour une meilleure gestion de ce monstre dans ma tête qui m’empêche de vivre « normalement ». Sur ce bout de papier, il y avait autre chose qui m’a surprise : une liste de mes forces. Il y en avait beaucoup. J’ai été étonnée. Pourquoi ?


En état dépressif ou rempli d’anxiété, on a tendance à mettre de l’avant nos faiblesses. La peur, la lâcheté, la culpabilité, la perte de motivation, de concentration, l’isolement. Lorsque j’en ai parlé à ma travailleuse sociale, elle m’a répondu que ce ne sont pas nécessairement des faiblesses, mais des impacts de mon trouble anxieux. Des impacts qui m’empêchaient de voir mes forces voilées d’un nuage gris.


Généreuse, portée à aller chercher de l’aide, honnête, franche, fonceuse, curieuse, créative, altruiste, ouverte à la critique, et bien d’autres.



En les voyant devant moi, je me suis dit : c’est évident ! Mais pourquoi il a fallu qu’une personne tierce, qui ne me connait que depuis 3h, me donne une feuille pour que j’allume sur ce qui se trouvait au fond de moi depuis longtemps ? Est-ce que je suis tellement submergée par ma détresse que j’en ai oublié que j’étais autre chose qu’un diagnostic ?


L’humain a la malheureuse tendance de se concentrer sur le négatif avant le positif. Enfants, on nous met nos erreurs au visage en nous disant d’apprendre d’eux pour grandir et évoluer. Parfois, avec un peu de chance, on avait des félicitations pour notre comportement. Une petite étoile, un méritas. En tant qu’adulte, ce n’est pas quelque chose qui arrive fréquemment. Ainsi, notre cerveau se pose sur nos faiblesses qu’on doit accepter et/ou changer, au lieu des éléments positifs qui font partie intégrante de notre personnalité.


C’est un exercice mental de se regarder dans le miroir et se dire qu’on est plus que l’anxiété, plus que la dépression, plus qu’une lâche, peureuse, paresseuse, incapable. Le « T’es belle, t’es bonne, t’es capable » n’est pas toujours suffisant. Quelques fois, il faut se rappeler qu’on est également gentil, généreux, à l’écoute, qu’on donne le meilleur de nous avec ce qu’on a entre les mains. Que dans une passe dépressive, prendre sa douche et faire sa vaisselle est un accomplissement qui mérite de la fierté et non pas une claque en arrière de la tête parce qu’on a « juste fait ça ». C’est se concentrer sur les petits succès et non pas sur nos échecs. Si on fait ça, qu’est-ce qui nous empêche d’accepter nos forces, comme nos faiblesses ? Car il n’en reste pas moins que nos faiblesses nous permettent de cibler des éléments sur lesquels on doit travailler. C’est ce qui nous crée des doutes, des remises en question. La beauté de l’humain, je crois, c’est d’être assez intelligent pour apprendre de soi-même. Ainsi, si on peut apprendre de nous-mêmes, on peut apprendre à mettre nos forces de l’avant, même quand ça va un peu plus mal, quand le nuage gris devient noir.


Nous ne sommes pas des êtres en deux dimensions qui ne sont représentés que par des adjectifs physiques et négatifs. Nous sommes des êtres de chairs qui font des erreurs, qui avancent dans l’inconnu, qui grandissent à travers les épreuves.


Nous sommes des humains avec des forces et des faiblesses.


Nous sommes des humains qui méritent d’être fiers de leurs forces.


L’es-tu ?


-- Jessica

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